mercredi, juin 28, 2006

Newropeans, le premier parti transeuropéen, a tenu son agora à Paris

28/06/06 - Edith de Cornulier-Lucinière
Venus de 16 pays de l’Union, les "Newropeans" créent la vie politique à l’échelle européenne. Ils présenteront des listes aux élections européennes de 2009. Le parti transeuropéen souffle une bougie.
Le 24 juin, s’est tenue à Paris, aux Salons de l’Aveyron, dans le douzième arrondissement, la grande agora du premier parti transeuropéen Newropeans, fondé il y a un an.
Venus de toute l’Europe, les membres ont passé la journée à débattre, dans plusieurs langues, sur le fonctionnement de leur mouvement et sur le programme qu’ils comptent présenter aux élections européennes de 2009.
Newropeans : genèse et projet
A Newropeans, on dit que la question ne se pose pas de savoir si l’on est pour ou contre l’Europe, parce qu’« un poisson ne se demande pas s’il est pour ou contre l’eau ». Les Newropeans estiment qu’il devient schizophrène de ne penser et d’agir, pour nous les citoyens, que sur le plan national, tandis que les principales décisions sont prises au niveau de l’Union (comment souffrir que plus de 80% des lois votées en France le soient pour mettre le pays aux normes européennes, sans que les citoyens aient été invités à se prononcer ?) Ils tentent dès lors de surmonter les clivages entre la gauche et la droite de chaque pays, pour recréer un débat à l’échelle européenne.
Les membres de Newropeans sont originaires de 16 pays d’Europe ; les plus gros groupes sont allemands, français, espagnols et néerlandais. Parmi les membres fondateurs, on retrouve ceux qui, il y a vingt ans, ont créé le premier réseau étudiant européen AEGEE-EUROPE et le programme d’échanges inter-universitaires Erasmus...
Un laboratoire politique pour l’Europe du XXIe siècle
Newropeans ressemble à un laboratoire politique qui fabriquerait l’Europe de demain, puisqu’il est le premier parti organisé non pas au degré national, mais directement à l’échelle européenne. A ce titre, ce parti transeuropéen innove, sur le fond comme dans la forme : il invente un fonctionnement « virtuel » fondé en grande partie sur la Toile, agrémenté de grandes réunions « physiques », comme celle du samedi 24 juin 2006.
Les propositions du parti, actuellement au nombre de seize, sont axées sur la démocratisation de l’Union européenne : elles comptent entre autres la suppression de l’immunité judiciaire à vie des fonctionnaires européens (effarante immunité en effet, au regard de l’égalité devant la loi...), la décentralisation des institutions européennes, et la création d’un véritable gouvernement européen, sur lequel les citoyens de l’Union auraient un contrôle direct.
Rêve ou avenir ?
He not busy being born is busy dying. Celui qui n’est pas occupé à naître est occupé à mourir. Bob Dylan
Les membres comptent bien créer des émules. Ils attendent, presque avec impatience, que d’autres partis transeuropéens se créent, pour qu’enfin un réel débat citoyen et européen ait lieu.
La soirée de clôture de cette agora s’est terminée par un dîner-buffet, auquel des personnes extérieures au mouvement étaient conviées. Venus de think tanks, de partis et de journaux divers, ceux qui ont répondu à cette invitation sont des gens qui connaissent Newropeans et suivent ses publications avec intérêt, mais hésitent à se joindre à ses membres... En fait, comme beaucoup d’Européens, ils attendent de voir si Newropeans n’est qu’un météore, ou s’il représente la porte ouverte sur l’avenir.
Edith de Cornulier-Lucinière